EUROPEENNES : la fin d’un règne, mais pas le début d’un autre.
Que pouvons-nous retirer des élections européennes qui se sont déroulées dimanche ?UNE ABSTENTION FORTE.
La faute à une Europe qui n’a plus de projet pour elle-même et qui n’a plus de projets à offrir aux citoyens. Il est évident que l’Europe Fédérale est morte hier. Si la participation avait été d’au moins 12 points de plus, il y aurait eu un espoir. Mais là, le score est sans appel.
L’UMP, le PS et l’UDI-MODEM se montrent aujourd’hui, dans
l’incapacité de procéder à une analyse constructive. Ce n’est
pas tant le score des « europhobes » qui est en cause,
mais bien l’abstention qui doit être analysée, non pas comme un
manque de motivation, mais bien un message politique où, ce qui nous
rassure, le FN ne sort pas plus grandi.
Quant aux résultats des autres
partis « eurosceptiques », DLR en tête, ils restent
inférieur à ce qui était prévu. C’est donc, pour eux aussi, un
échec. Et au jeu du « qui court après qui », ils
ont perdu.
Les abstentionnistes et votes
blancs (position défendu par le MRC) ont été les grands vainqueurs
de ce scrutin. Ce n’est pas une surprise pour nous puisque
l’ensemble des résultats confirme l’analyse et les perspectives
que nous avions prévu.
LE FN EN TETE
Son score réel s’est effrité en réalité (moins de voix qu’à la présidentielle ou, en valeur relative, moins qu’aux municipales). Ce qui démontre que même l’électorat qui avait voté pour le Rassemblement Bleu Marine ne s’est pas motivé pour les Européennes. Ce qui, en soit, est une bonne chose.
Ce qui confirme un point
essentiel qui devrait être repris par l’ensemble des forces
politiques de notre pays (mais cela est valable aussi en Belgique, au
Danemark, en Autriche, aux Pays-Bas et en Hongrie). Nous avons
clairement défini quatre principales maladies pour l’Union
Européenne : son pilotage, ses fondements, son orientation
économique et sa monnaie.
Son pilotage : Le parlement
n’étant pas l’organe législatif de l’Union Européenne, la
présence du FN ne pose en soi, pas de problèmes, sauf que les
demandes pour renverser le Président de la Commission vont pleuvoir.
Il est temps que le parlement dispose de l’exercice législatif et
l’exécutif doit être réorienté vers les membres de la
commission. Seule obligation, que les décisions prises à Bruxelles
soient en conformité avec notre constitution. En gros, faire comme
l’Allemagne qui, de par sa cour constitutionnelle (Francfort), pèse
lourdement. Le FN n’ayant pas de poids conséquent devra, comme
d’habitude, rester dans son coin en braillant ou en … votant
comme les conservateurs !
Ses fondements : L’Union
Européenne ne doit plus être pensé comme un vaste espace de type
marché commun. Il faut lui redonner une réalité politique mais qui
soit respectueuse des nations qui la composent. Rejeter à nouveau ce
principe ne fera qu’ancrer durablement ce rejet de l’Europe.
Pire, sans réalité politique et sociale, l’Europe est condamnée
à ne plus être qu’un espace d’Etats n’ayant aucune projection
ni capacité à agir. La France est une belle et grande République,
elle est un grand peuple, elle doit le rester au sein d’autres
nations qui le sont tout autant. Renier cet état de fait nous
conduira à un retour des antagonismes. Le FN n’a aucune vision de
politique extérieure, pas de projet politique en commun avec ses
partenaires.
Son orientation économique :
Il ne fait aucun doute que Monsieur JUNCKER sera le prochain
Président de la commission européenne. Or, au regard de ses
positions (j’aurai préféré de loin Monsieur BARNIER), il ne faut
pas envisager de grands changements : austérité, règle d’or,
intérêts des traités et non des peuples, libéralisation des
services publics, libéralisation des marchés, libéralisation des
finances. Le FN pourra gesticuler avec ses confrères nationalistes,
il ne disposeront pas des moyens nécessaires pour modifier quoi que
ce soit. De plus n’oublions pas que les traités doivent être
ratifié par le peuple ou ses représentants. Le FN, à ce niveau,
est incapable de porter ce type de débat.
Sa monnaie : Je vous ferai
grâce de redonner un cours d’économie comparative, mais je vous
le confirme : retourner au Franc nous obligerait à dévaluer
notre monnaie nationale de 30% avec toutes les conséquences néfastes
(les riches seraient moins riches et les pauvres encore plus pauvres,
mais ça, le FN ne vous le dit pas). Or, une monnaie unique est non
adaptée à la quasi-totalité des Etats européens (de l’Islande
qui en est sorti, mais vu l’état de sa monnaie, elle ne pouvait
pas dévaluer plus au regard de sa capacité à créer de la masse
monétaire). Il faut privilégier l’Euro comme monnaie commune ce
qui permettrait à la France de dévaluer (un peu) ou à la Grèce de
pouvoir assouplir beaucoup le poids de sa dette et permettrait aussi
à la BCE de pouvoir racheter à des coûts acceptables, un volume
conséquent de dettes des états pour le bien des peuples. Mais ça,
le FN ne l’a pas compris (ni DLR d’ailleurs).
Le vote en faveur du RBM
n’apportera donc rien à l’Europe, hormis, au début, quelques
sueurs froides et beaucoup d’aboiements.
LE MRC : GRAND VAINQUEUR.
En annonçant clairement nos positions, en réfutant toute alliance nécrophage qui aurait été contraire à notre cohérence, nous avons, encore une fois, eu raison.
Nous avons clairement indiqué à
tous, quels étaient les problèmes de ce scrutin, les risques
encourus et la nécessaire reconstruction européenne qui devait en
découler.
Or, aucune de nos propositions
n’a eu l’oreille attentive de nos partenaires (PS ou Front de
Gauche, par exemple), ou alors elles ont été dévoyées sans
scrupule par des partis qui confondent patriotisme et nationalisme.
Nous demandons donc aux
politiques, (qualifiés par la presse de « modérés »,
ce qui est pathétique en soi, la modération va de soi, c’est
l’urgence qui échelonne la modération), de repenser le projet
européen, mais pour l’intérêt des peuples et des nations, pas
pour l’intérêt de technocrates qui sont les responsables de ce
fiasco démocratique.
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