De la réforme territoriale
Nous avions promis à notre camarade socialiste Emmanuel MOUSSET, que nous publierions un texte sur la réforme territoriale promise par le gouvernement.
Dire que le MRC est plus que dubitatif sur le bien-fondé de cette réforme est un doux euphémisme.
Mais que dire lorsque nous avons appris, par voie parlementaire, que nous aurions de nouvelles données : la suppression des départements prévue en 2017 aura ... peut-être... lieu en 2020.
Qu'est-ce que ça change, hormis les 3 ans de plus ? Et bien presque tout en fait. Mais le pire, c'est que cette modification chronologique dénote de la fragilité actuelle, du gouvernement, d'une part, et de la majorité parlementaire d'autre part, car c'est bien là que le bât blesse.
Le referendum étant enterré (risque du "non"), la modification constitutionnelle aussi : cette fois la droite ne jouera pas l'Union Nationale comme l'a fait le PS en son temps avec le TCE. Si au moins la leçon pouvait être retenue, mais j'en doute très fortement. Il reste donc une troisième voie que, personnellement, je trouve déplorable et à la limite de l'irrespect politique (mais après avoir envoyé au casse-pipe les élus municipaux de gauche et les élus européens socialistes...).
En effet, le gouvernement prévoit le maintien de l'assemblée départementale, mais avec un transfert de compétences. La voirie et l'éducation à la région et le social aux Départements. La bonne affaire que voilà. Laisser aux Départements la part la plus coûteuse de la décentralisation pour des collectivités à qui les gouvernements successifs ont supprimé une grande partie des ressources (merci l'UMP pour cette réforme des plus malsaine, soit dit en passant). Ainsi, ces collectivités prises à la gorge financièrement n'auront pour seule échappatoire que de demander le coup de grâce. On achève bien les chevaux, pourquoi pas les départements ?
Mais pour donner du grain à moudre aux "réformistes" (qui se sont depuis longtemps prosternés devant le libéralisme et le fédéralisme, depuis 1914 oserai-je dire), j'avancerai quelques arguments en vrac mais que je mettrai en forme dès demain soir, promis juré, du moins si je ne rentre pas trop tard du travail. Et oui, on travaille aussi au Département et les heures sup', pour les cadres, comme dans le privé, on s'assoit dessus et on les fait au nom du service public.
Donc, voici quelques éléments :
1) Transferts de compétences et équité de traitement
2) Quid de la péréquation entre EPCI urbains, Métropoles et EPCI ruraux (bin, faut des sous quand même)
3) La protection de l'enfance : vers quelles structures
4) L'action sociale : quels moyens et vers quelles structures
5) La voirie : vers la fin de l'excellence du réseau secondaire ?
6) Le Département : un comité de défaisance de type "Kleenex" ?
7) La République : Liberté, Egalité, Fraternité : tant pis pour l'égalité.
A demain
Ah, j'oubliais l'intervention de Monsieur BERTRAND. Dans sa grande objectivité, ce dernier a indiqué que la réforme était "un cadeau pour les copains". Je propose donc à ce dernier de reprendre les découpages et les projets de transferts des compétences, il verra que c'est plutôt le contraire qui se profile. Mais nous savons tous que celui-ci apprécie toujours de jouer la victime. Nous lui conseillons donc de prendre de la hauteur.
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