ANALYSE DES ARGUMENTAIRES : quelques bonnes raisons pour ne pas aller voter
Chose promise, chose due, nous vous délivrons aujourd’hui notre analyse des programmes que nous avons reçus, soit sur les marchés, soit dans nos boites aux lettres.Au regard des masses d’informations, nous n’avons pas pu faire une analyse critique de tout (en peu de lignes), mais nous avons pris les arguments qui nous semblaient les plus pertinents afin de montrer nos différences mais aussi de démontrer le fondement politique de notre position de boycott (ou au moins de vote blanc ou nul).
1) Les accords de Schengen :
Les accords de Schengen (en réalité, traité d’Amsterdam) sont une mesure administrative permettant aux pays membres de l’Union Européenne d’alléger les démarches de circulation des ressortissants européens au sein de l’espace communautaire : plus ou peu de contrôle douanier, plus de visa, plus de contrôle de circulation.
DLR, l’UMP ou le FN pointent du doigt l’entrée de la Roumanie, de la Bulgarie et même de la Turquie. Or, aucun de ces pays n’est intégré dans l’espace Schengen. Ils sont candidats, mais doivent apporter certains éléments (coopération douanière, coopération policière, coopération juridique, respect des droits des populations…) afin de pouvoir intégrer cet espace de libre circulation. Or, aujourd’hui, ce n’est pas le cas.
Réformer Schengen, bien sûr, mais ces partis qui dérivent idéologiquement se sont lourdement trompés de cible. Ce ne sont pas les populations qui sont à incriminer, mais bien la gestion des droits dans ces pays. On ne peut pas dire que la Roumanie soit un exemple en matière de traitement de ces minorités (les Roms en particulier que la Roumanie, et la Hongrie aussi, laissent aller à la dérive et les laisse, comme au Kosovo ou en Albanie, à la merci des réseaux mafieux d’Europe de l’Est).
Nous proposons de réformer Schengen en insistant particulièrement sur les moyens de lutte de chaque pays contre la criminalité en réformant les rôles et fonctions de FRONTEX (structure régulant les frontières extérieures à l’UE) en incluant des obligations, pour l’ensemble des pays, une obligation sociale, environnementale et judiciaire avant d’intégrer Schengen. De fait, exit des pays comme la Hongrie, mais aussi … la Suisse !
2) La directive Travailleurs Détachés
Là encore, et en particulier, le FN et DLR, se trompent de cible. La directive Travailleurs Détachés est une directive très stricte et très encadrée à la base : délai de détachement, condition salariale et de défense du travailleur…. Ainsi, un détachement ne peut excéder 50 jours, les salaires minimum doivent être respecté dans chaque pays. Ainsi, un plombier polonais devrait percevoir le même salaire qu’un plombier français.
300 000 travailleurs détachés en France est un chiffre lancé par DLR, sauf que ce n’est pas 300 000, mais 344 000 travailleurs détachés, et ce n’est pas en France, mais en Europe, et ce n’est pas les travailleurs détachés « en règle », mais ceux qui sont exploités par des entrepreneurs peu scrupuleux. En particulier parce que le Royaume-Uni et l’Allemagne en tire profit (le SMIC n’existe pas là-bas).
Nous proposons que les Etats Membres reviennent sur les mesures qui avaient été fixées au départ (en terme de délai de présence sur le territoire, en terme de respect des droits sociaux des travailleurs, en terme de domaine d’activités concernés…) et se dotent tous des mêmes règles en terme de lutte contre la fraude (Tout les pays ont sabré durement dans leurs inspections du travail).
Les vrais chiffres : 141 000 travailleurs détachés travaillant en France, 125 000 travailleurs détachés français travaillant dans d’autres Etats membres (Luxembourg, Allemagne, Royaume-Uni).
3) Le TAFTA
Dire que l’on refuse d’établir des accords commerciaux avec les Etats-Unis, c’est accepter qu’Airbus ne puissent vendre des avions en Amérique du Nord dans les compagnies gérées ou les institutions d’Etat (l’Armée, les Compagnies Aériennes ou les USA ou le Canada sont dans le capital).
Le vrai problème n’est pas, encore une fois, là. La vraie problématique se situe dans le fait que seule la Commission ait l’initiative de ce traité en dépit de la souveraineté populaire. Ainsi, rien n’interdirait à la Commission (qui a le vrai pouvoir en fait), d’agir à sa guise.
Le problème est donc institutionnel et le projet de loi voté par la majorité socialiste concernant le mandat de la commission donné par la France est une honte. L’avis du parlement national sera … consultatif et à condition que celui-ci aille dans un sens favorable à celui de la Commission. Ainsi, si la Commission indique que l’exception culturelle demandée par la France est un frein pour la signature du TAFTA, celle-ci sera purement et simplement supprimée. Idem pour l'agriculture, MOSANTO pourra donc élargir sa position d’hégémonie sur les semences de nos agriculteurs, nous goûterons aux joies des OGM.
L’Union Européenne est donc, de par son fonctionnement, un déni de démocratie. Et nos pauvres députés européens s’imaginant détenir la moindre once de pouvoir seront bien vite marris devant les résultats des négociations. Hélas, Monsieur VAN ROMPUY a bien raison. Nous savons qui a le pouvoir en Europe et cela ne nous rassure pas vraiment.
4) La BCE et l’Euro
L’Euro est accusé de tout les maux et … ce n’est pas tout à fait faux (c’est même assez vrai). Un euro cher pénalise nos exportations, asphyxie nos entreprises et nos industries.
De plus, l’Euro a été créé pour des économies au même niveau, pour des pays qui seraient structurellement proches, en terme de taxes, de droits sociaux, de salaires … Or, c’est très loin d’être le cas.
Nous avons, depuis 1991, clairement indiqué que l’Euro, monnaie unique, n’étaient pas une solution aussi viable et aussi sûr que cela, mais qu’il était nécessaire, au regard des situations disparates des Etats, d'avoir une monnaie commune. Et ce, en acceptant que tout les pays de la zone Euro ne fonctionnait pas à la même vitesse. Or, c’est seulement en 2014 que l’UMP et le PS s’en rendent compte. Il aura fallut, par exemple, à Monsieur Xavier BERTRAND ou à Monsieur COPPE, 23 ans pour se rendre compte de cet état de fait. 23 ans, c’est long quand même, surtout pour des politiques qui clament à longueur de temps détenir la vérité. Quant au PS, même pas sûr qu’ils aient pris conscience de cette réalité (pas vu explicitement dans leurs 70 propositions).
Sortir de l’Euro actuellement, c’est sauter d’un avion en chute libre … et sans parachute. En effet, il faudrait, afin que la France, si elle retourne au franc et quitte la zone euro, dévalue sa monnaie nationale de … 30%. Ce qui reviendrait à se retrouver comme l’Allemagne en 1930, 1931 (voire pire à compter de 1933). Nos dettes seraient alors non négociables avec nos préteurs (merci la BCE qui a refusé aux banques centrales nationales de prêter de l’argent ou de produire de la masse monétaire quand il n’était pas encore trop tard). De plus, nous serions amené à sabrer nos dépenses (santé, protection sociale, éducation, investissement) pour pouvoir éviter une banqueroute (et se retrouver sous tutelle du FMI), et donc provoquer une catastrophe sociale. Nos exportations repartiraient à la hausse sans aucun doute, mais notre consommation intérieure s’écroulerait. De plus, en sortant de la zone Euro, je ne serai pas étonné que de nombreux pays exercent des mesures de rétorsions commerciales (l’OMC ne nous protégera pas, soyez en sûr) et ce que nous aurions gagné en productivité purement économique, nous le perdrions par la mise en place d’une tarification douanière des autres pays, extrêmement lourde.
Nous proposons donc de revenir sur la BCE qui doit être un outil pour les Etats membres, en aucun cas une instance décisionnelle éloignée de la volonté populaire. L’Euro ne doit pas être un Mark Bis (un Bis-marck. Désolé, elle était facile). Nous proposons donc d’instaurer un Système Monétaire Européen qui transformerait l’Euro en monnaie commune et qui serait plus respectueuse des Etats et de leurs diversités. Les négociations qui auraient alors lieu seraient beaucoup plus porteuses d’espoir que la sacrosainte règle de l’inflation zéro. Une faible inflation (3 à 4 %) serait une réelle bouffée d’oxygène plutôt que l’austérité. Au delà de 10%, l’inflation serait une ponction indirecte sur le patrimoine des plus pauvres.
Voilà les points essentiels qui justifient vraiment une intervention rapide et forte. Cependant, les députés européens n’ayant pas l’initiative législative, il est évident que le changement tant promis n’arrivera pas et que ceux qui vous promettent un grand soir institutionnel (le FN, DLR et l’UMP, avec beaucoup de porosité, d’un côté, et le PS et le PRG, de l’autre, voire le FdG et EELV) vous mentent en se berçant eux mêmes dans leurs propres utopies fédéralistes ou anti-européennes.
La France fut, est et sera, mais l’évolution du monde en zones d’influence multipolaires fait que nous ne pouvons pas nous passer de l’Europe, mais une Europe fédérale la rendrait trop idéologique, sans respect pour les peuples qui la composent. Aussi, choisissez, comme nous, une Europe confédérale, où les Nations pourront s’exprimer démocratiquement, en portant la volonté des peuples, pas des appareils politiques et idéologiques.
Dimanche, montrez que vous aussi, vous n’êtes pas dupes, que
vous n’êtes pas des moutons
et que vous avez une vraie conscience
politique !
Votez blanc ou n’allez pas votez !
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