mardi 3 juin 2014

ALTERNOIEMENTS ET EXPECTATIVES

De la réforme territoriale


Nous avions promis à notre camarade socialiste Emmanuel MOUSSET, que nous publierions un texte sur la réforme territoriale promise par le gouvernement.

Dire que le MRC est plus que dubitatif sur le bien-fondé de cette réforme est un doux euphémisme.

Mais que dire lorsque nous avons appris, par voie parlementaire, que nous aurions de nouvelles données : la suppression des départements prévue en 2017 aura ... peut-être... lieu en 2020.

Qu'est-ce que ça change, hormis les 3 ans de plus ? Et bien presque tout en fait. Mais le pire, c'est que cette modification chronologique dénote de la fragilité actuelle, du gouvernement, d'une part, et de la majorité parlementaire d'autre part, car c'est bien là que le bât blesse.

Le referendum étant enterré (risque du "non"), la modification constitutionnelle aussi : cette fois la droite ne jouera pas l'Union Nationale comme l'a fait le PS en son temps avec le TCE. Si au moins la leçon pouvait être retenue, mais j'en doute très fortement. Il reste donc une troisième voie que, personnellement, je trouve déplorable et à la limite de l'irrespect politique (mais après avoir envoyé au casse-pipe les élus municipaux de gauche et les élus européens socialistes...).

En effet, le gouvernement prévoit le maintien de l'assemblée départementale, mais avec un transfert de compétences. La voirie et l'éducation à la région et le social aux Départements. La bonne affaire que voilà. Laisser aux Départements la part la plus coûteuse de la décentralisation pour des collectivités à qui les gouvernements successifs ont supprimé une grande partie des ressources (merci l'UMP pour cette réforme des plus malsaine, soit dit en passant). Ainsi, ces collectivités prises à la gorge financièrement n'auront pour seule échappatoire que de demander le coup de grâce. On achève bien les chevaux, pourquoi pas les départements ?

Mais pour donner du grain à moudre aux "réformistes" (qui se sont depuis longtemps prosternés devant le libéralisme et le fédéralisme, depuis 1914 oserai-je dire), j'avancerai quelques arguments en vrac mais que je mettrai en forme dès demain soir, promis juré, du moins si je ne rentre pas trop tard du travail. Et oui, on travaille aussi au Département et les heures sup', pour les cadres, comme dans le privé, on s'assoit dessus et on les fait au nom du service public.

Donc, voici quelques éléments :
1) Transferts de compétences et équité de traitement
2) Quid de la péréquation entre EPCI urbains, Métropoles et EPCI ruraux (bin, faut des sous quand même)
3) La protection de l'enfance : vers quelles structures
4) L'action sociale : quels moyens et vers quelles structures
5) La voirie : vers la fin de l'excellence du réseau secondaire ?
6) Le Département : un comité de défaisance de type "Kleenex" ?
7) La République : Liberté, Egalité, Fraternité : tant pis pour l'égalité.

A demain

Ah, j'oubliais l'intervention de Monsieur BERTRAND. Dans sa grande objectivité, ce dernier a indiqué que la réforme était "un cadeau pour les copains". Je propose donc à ce dernier de reprendre les découpages et les projets de transferts des compétences, il verra que c'est plutôt le contraire qui se profile. Mais nous savons tous que celui-ci apprécie toujours de jouer la victime. Nous lui conseillons donc de prendre de la hauteur.

lundi 26 mai 2014


EUROPEENNES : la fin d’un règne, mais pas le début d’un autre.

Que pouvons-nous retirer des élections européennes qui se sont déroulées dimanche ?

UNE ABSTENTION FORTE.

La faute à une Europe qui n’a plus de projet pour elle-même et qui n’a plus de projets à offrir aux citoyens. Il est évident que l’Europe Fédérale est morte hier. Si la participation avait été d’au moins 12 points de plus, il y aurait eu un espoir. Mais là, le score est sans appel.

L’UMP, le PS et l’UDI-MODEM se montrent aujourd’hui, dans l’incapacité de procéder à une analyse constructive. Ce n’est pas tant le score des « europhobes » qui est en cause, mais bien l’abstention qui doit être analysée, non pas comme un manque de motivation, mais bien un message politique où, ce qui nous rassure, le FN ne sort pas plus grandi.

Quant aux résultats des autres partis « eurosceptiques », DLR en tête, ils restent inférieur à ce qui était prévu. C’est donc, pour eux aussi, un échec. Et au jeu du « qui court après qui », ils ont perdu.

Les abstentionnistes et votes blancs (position défendu par le MRC) ont été les grands vainqueurs de ce scrutin. Ce n’est pas une surprise pour nous puisque l’ensemble des résultats confirme l’analyse et les perspectives que nous avions prévu.

LE FN EN TETE

Son score réel s’est effrité en réalité (moins de voix qu’à la présidentielle ou, en valeur relative, moins qu’aux municipales). Ce qui démontre que même l’électorat qui avait voté pour le Rassemblement Bleu Marine ne s’est pas motivé pour les Européennes. Ce qui, en soit, est une bonne chose.

Ce qui confirme un point essentiel qui devrait être repris par l’ensemble des forces politiques de notre pays (mais cela est valable aussi en Belgique, au Danemark, en Autriche, aux Pays-Bas et en Hongrie). Nous avons clairement défini quatre principales maladies pour l’Union Européenne : son pilotage, ses fondements, son orientation économique et sa monnaie.

Son pilotage : Le parlement n’étant pas l’organe législatif de l’Union Européenne, la présence du FN ne pose en soi, pas de problèmes, sauf que les demandes pour renverser le Président de la Commission vont pleuvoir. Il est temps que le parlement dispose de l’exercice législatif et l’exécutif doit être réorienté vers les membres de la commission. Seule obligation, que les décisions prises à Bruxelles soient en conformité avec notre constitution. En gros, faire comme l’Allemagne qui, de par sa cour constitutionnelle (Francfort), pèse lourdement. Le FN n’ayant pas de poids conséquent devra, comme d’habitude, rester dans son coin en braillant ou en … votant comme les conservateurs !

Ses fondements : L’Union Européenne ne doit plus être pensé comme un vaste espace de type marché commun. Il faut lui redonner une réalité politique mais qui soit respectueuse des nations qui la composent. Rejeter à nouveau ce principe ne fera qu’ancrer durablement ce rejet de l’Europe. Pire, sans réalité politique et sociale, l’Europe est condamnée à ne plus être qu’un espace d’Etats n’ayant aucune projection ni capacité à agir. La France est une belle et grande République, elle est un grand peuple, elle doit le rester au sein d’autres nations qui le sont tout autant. Renier cet état de fait nous conduira à un retour des antagonismes. Le FN n’a aucune vision de politique extérieure, pas de projet politique en commun avec ses partenaires.

Son orientation économique : Il ne fait aucun doute que Monsieur JUNCKER sera le prochain Président de la commission européenne. Or, au regard de ses positions (j’aurai préféré de loin Monsieur BARNIER), il ne faut pas envisager de grands changements : austérité, règle d’or, intérêts des traités et non des peuples, libéralisation des services publics, libéralisation des marchés, libéralisation des finances. Le FN pourra gesticuler avec ses confrères nationalistes, il ne disposeront pas des moyens nécessaires pour modifier quoi que ce soit. De plus n’oublions pas que les traités doivent être ratifié par le peuple ou ses représentants. Le FN, à ce niveau, est incapable de porter ce type de débat.

Sa monnaie : Je vous ferai grâce de redonner un cours d’économie comparative, mais je vous le confirme : retourner au Franc nous obligerait à dévaluer notre monnaie nationale de 30% avec toutes les conséquences néfastes (les riches seraient moins riches et les pauvres encore plus pauvres, mais ça, le FN ne vous le dit pas). Or, une monnaie unique est non adaptée à la quasi-totalité des Etats européens (de l’Islande qui en est sorti, mais vu l’état de sa monnaie, elle ne pouvait pas dévaluer plus au regard de sa capacité à créer de la masse monétaire). Il faut privilégier l’Euro comme monnaie commune ce qui permettrait à la France de dévaluer (un peu) ou à la Grèce de pouvoir assouplir beaucoup le poids de sa dette et permettrait aussi à la BCE de pouvoir racheter à des coûts acceptables, un volume conséquent de dettes des états pour le bien des peuples. Mais ça, le FN ne l’a pas compris (ni DLR d’ailleurs).

Le vote en faveur du RBM n’apportera donc rien à l’Europe, hormis, au début, quelques sueurs froides et beaucoup d’aboiements.

LE MRC : GRAND VAINQUEUR.

En annonçant clairement nos positions, en réfutant toute alliance nécrophage qui aurait été contraire à notre cohérence, nous avons, encore une fois, eu raison.

Nous avons clairement indiqué à tous, quels étaient les problèmes de ce scrutin, les risques encourus et la nécessaire reconstruction européenne qui devait en découler.

Or, aucune de nos propositions n’a eu l’oreille attentive de nos partenaires (PS ou Front de Gauche, par exemple), ou alors elles ont été dévoyées sans scrupule par des partis qui confondent patriotisme et nationalisme.

Nous demandons donc aux politiques, (qualifiés par la presse de « modérés », ce qui est pathétique en soi, la modération va de soi, c’est l’urgence qui échelonne la modération), de repenser le projet européen, mais pour l’intérêt des peuples et des nations, pas pour l’intérêt de technocrates qui sont les responsables de ce fiasco démocratique.

vendredi 23 mai 2014

ANALYSE DES ARGUMENTAIRES : quelques bonnes raisons pour ne pas aller voter

Chose promise, chose due, nous vous délivrons aujourd’hui notre analyse des programmes que nous avons reçus, soit sur les marchés, soit dans nos boites aux lettres.

Au regard des masses d’informations, nous n’avons pas pu faire une analyse critique de tout (en peu de lignes), mais nous avons pris les arguments qui nous semblaient les plus pertinents afin de montrer nos différences mais aussi de démontrer le fondement politique de notre position de boycott (ou au moins de vote blanc ou nul).

1) Les accords de Schengen :

Les accords de Schengen (en réalité, traité d’Amsterdam) sont une mesure administrative permettant aux pays membres de l’Union Européenne d’alléger les démarches de circulation des ressortissants européens au sein de l’espace communautaire : plus ou peu de contrôle douanier, plus de visa, plus de contrôle de circulation.

DLR, l’UMP ou le FN pointent du doigt l’entrée de la Roumanie, de la Bulgarie et même de la Turquie. Or, aucun de ces pays n’est intégré dans l’espace Schengen. Ils sont candidats, mais doivent apporter certains éléments (coopération douanière, coopération policière, coopération juridique, respect des droits des populations…) afin de pouvoir intégrer cet espace de libre circulation. Or, aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

Réformer Schengen, bien sûr, mais ces partis qui dérivent idéologiquement se sont lourdement trompés de cible. Ce ne sont pas les populations qui sont à incriminer, mais bien la gestion des droits dans ces pays. On ne peut pas dire que la Roumanie soit un exemple en matière de traitement de ces minorités (les Roms en particulier que la Roumanie, et la Hongrie aussi, laissent aller à la dérive et les laisse, comme au Kosovo ou en Albanie, à la merci des réseaux mafieux d’Europe de l’Est).

Nous proposons de réformer Schengen en insistant particulièrement sur les moyens de lutte de chaque pays contre la criminalité en réformant les rôles et fonctions de FRONTEX (structure régulant les frontières extérieures à l’UE) en incluant des obligations, pour l’ensemble des pays, une obligation sociale, environnementale et judiciaire avant d’intégrer Schengen. De fait, exit des pays comme la Hongrie, mais aussi … la Suisse !

2) La directive Travailleurs Détachés

Là encore, et en particulier, le FN et DLR, se trompent de cible. La directive Travailleurs Détachés est une directive très stricte et très encadrée à la base : délai de détachement, condition salariale et de défense du travailleur…. Ainsi, un détachement ne peut excéder 50 jours, les salaires minimum doivent être respecté dans chaque pays. Ainsi, un plombier polonais devrait percevoir le même salaire qu’un plombier français.

300 000 travailleurs détachés en France est un chiffre lancé par DLR, sauf que ce n’est pas 300 000, mais 344 000 travailleurs détachés, et ce n’est pas en France, mais en Europe, et ce n’est pas les travailleurs détachés « en règle », mais ceux qui sont exploités par des entrepreneurs peu scrupuleux. En particulier parce que le Royaume-Uni et l’Allemagne en tire profit (le SMIC n’existe pas là-bas).

Nous proposons que les Etats Membres reviennent sur les mesures qui avaient été fixées au départ (en terme de délai de présence sur le territoire, en terme de respect des droits sociaux des travailleurs, en terme de domaine d’activités concernés…) et se dotent tous des mêmes règles en terme de lutte contre la fraude (Tout les pays ont sabré durement dans leurs inspections du travail).

Les vrais chiffres : 141 000 travailleurs détachés travaillant en France, 125 000 travailleurs détachés français travaillant dans d’autres Etats membres (Luxembourg, Allemagne, Royaume-Uni).

3) Le TAFTA

Dire que l’on refuse d’établir des accords commerciaux avec les Etats-Unis, c’est accepter qu’Airbus ne puissent vendre des avions en Amérique du Nord dans les compagnies gérées ou les institutions d’Etat (l’Armée, les Compagnies Aériennes ou les USA ou le Canada sont dans le capital).

Le vrai problème n’est pas, encore une fois, là. La vraie problématique se situe dans le fait que seule la Commission ait l’initiative de ce traité en dépit de la souveraineté populaire. Ainsi, rien n’interdirait à la Commission (qui a le vrai pouvoir en fait), d’agir à sa guise.

Le problème est donc institutionnel et le projet de loi voté par la majorité socialiste concernant le mandat de la commission donné par la France est une honte. L’avis du parlement national sera … consultatif et à condition que celui-ci aille dans un sens favorable à celui de la Commission. Ainsi, si la Commission indique que l’exception culturelle demandée par la France est un frein pour la signature du TAFTA, celle-ci sera purement et simplement supprimée. Idem pour l'agriculture, MOSANTO pourra donc élargir sa position d’hégémonie sur les semences de nos agriculteurs, nous goûterons aux joies des OGM.

L’Union Européenne est donc, de par son fonctionnement, un déni de démocratie. Et nos pauvres députés européens s’imaginant détenir la moindre once de pouvoir seront bien vite marris devant les résultats des négociations. Hélas, Monsieur VAN ROMPUY a bien raison. Nous savons qui a le pouvoir en Europe et cela ne nous rassure pas vraiment.

4) La BCE et l’Euro

L’Euro est accusé de tout les maux et … ce n’est pas tout à fait faux (c’est même assez vrai). Un euro cher pénalise nos exportations, asphyxie nos entreprises et nos industries.

De plus, l’Euro a été créé pour des économies au même niveau, pour des pays qui seraient structurellement proches, en terme de taxes, de droits sociaux, de salaires … Or, c’est très loin d’être le cas.

Nous avons, depuis 1991, clairement indiqué que l’Euro, monnaie unique, n’étaient pas une solution aussi viable et aussi sûr que cela, mais qu’il était nécessaire, au regard des situations disparates des Etats, d'avoir une monnaie commune. Et ce, en acceptant que tout les pays de la zone Euro ne fonctionnait pas à la même vitesse. Or, c’est seulement en 2014 que l’UMP et le PS s’en rendent compte. Il aura fallut, par exemple, à Monsieur Xavier BERTRAND ou à Monsieur COPPE, 23 ans pour se rendre compte de cet état de fait. 23 ans, c’est long quand même, surtout pour des politiques qui clament à longueur de temps détenir la vérité. Quant au PS, même pas sûr qu’ils aient pris conscience de cette réalité (pas vu explicitement dans leurs 70 propositions).

Sortir de l’Euro actuellement, c’est sauter d’un avion en chute libre … et sans parachute. En effet, il faudrait, afin que la France, si elle retourne au franc et quitte la zone euro, dévalue sa monnaie nationale de … 30%. Ce qui reviendrait à se retrouver comme l’Allemagne en 1930, 1931 (voire pire à compter de 1933). Nos dettes seraient alors non négociables avec nos préteurs (merci la BCE qui a refusé aux banques centrales nationales de prêter de l’argent ou de produire de la masse monétaire quand il n’était pas encore trop tard). De plus, nous serions amené à sabrer nos dépenses (santé, protection sociale, éducation, investissement) pour pouvoir éviter une banqueroute (et se retrouver sous tutelle du FMI), et donc provoquer une catastrophe sociale. Nos exportations repartiraient à la hausse sans aucun doute, mais notre consommation intérieure s’écroulerait. De plus, en sortant de la zone Euro, je ne serai pas étonné que de nombreux pays exercent des mesures de rétorsions commerciales (l’OMC ne nous protégera pas, soyez en sûr) et ce que nous aurions gagné en productivité purement économique, nous le perdrions par la mise en place d’une tarification douanière des autres pays, extrêmement lourde.

Nous proposons donc de revenir sur la BCE qui doit être un outil pour les Etats membres, en aucun cas une instance décisionnelle éloignée de la volonté populaire. L’Euro ne doit pas être un Mark Bis (un Bis-marck. Désolé, elle était facile). Nous proposons donc d’instaurer un Système Monétaire Européen qui transformerait l’Euro en monnaie commune et qui serait plus respectueuse des Etats et de leurs diversités. Les négociations qui auraient alors lieu seraient beaucoup plus porteuses d’espoir que la sacrosainte règle de l’inflation zéro. Une faible inflation (3 à 4 %) serait une réelle bouffée d’oxygène plutôt que l’austérité. Au delà de 10%, l’inflation serait une ponction indirecte sur le patrimoine des plus pauvres.

Voilà les points essentiels qui justifient vraiment une intervention rapide et forte. Cependant, les députés européens n’ayant pas l’initiative législative, il est évident que le changement tant promis n’arrivera pas et que ceux qui vous promettent un grand soir institutionnel (le FN, DLR et l’UMP, avec beaucoup de porosité, d’un côté, et le PS et le PRG, de l’autre, voire le FdG et EELV) vous mentent en se berçant eux mêmes dans leurs propres utopies fédéralistes ou anti-européennes.

La France fut, est et sera, mais l’évolution du monde en zones d’influence multipolaires fait que nous ne pouvons pas nous passer de l’Europe, mais une Europe fédérale la rendrait trop idéologique, sans respect pour les peuples qui la composent. Aussi, choisissez, comme nous, une Europe confédérale, où les Nations pourront s’exprimer démocratiquement, en portant la volonté des peuples, pas des appareils politiques et idéologiques.

Dimanche, montrez que vous aussi, vous n’êtes pas dupes, que vous n’êtes pas des moutons
et que vous avez une vraie conscience politique !


Votez blanc ou n’allez pas votez !






lundi 19 mai 2014

LES JOIES DE LA CAMPAGNE


Samedi était jour de marché à Saint-Quentin. Nous avions donc décidé d'y organiser notre conférence de presse régionale et locale concernant nos positions quant aux élections européennes.

Tout se passait bien, soleil, douceur estivale ou presque.

Notre conférence terminée (avec deux nouveaux militants. Qui disait que le MRC Saint-Quentin n'était plus rien ?). Nous parcourions les allées du marché avec le sentiment du devoir accompli. Nous avions aussi décidé de prendre les tracts des autres partis politiques que les militants nous tendaient.

UMP, FN puis DLR. Or, arrivés à la hauteur de DLR, la jeune militante souhaite discuter avec nous. Afin de ne pas lui faire perdre son temps si elle le jugeait, nous lui indiquons que nous sommes au MRC et que notre position diverge de la leur. Rien de problématique.

Or, que n'avais-je dit là! Je me suis fait agressé verbalement par cette jeune femme, qui souriante quelques secondes auparavant, se transforme en harpie, nous accusant de ne pas avoir de conscience politique (sympa pour ceux qui, il y a quelques semaines, avait envisagé une candidature commune), aucune constance etc...

N'étant pas un grand fan des esclandres publiques, j'ai toujours préféré les débats constructifs. Je vais donc faire de même en procédant à une analyse critique du programme que cette jeune militante défend, tout en lui indiquant, si elle lit ces lignes, que je reste à sa disposition pour un débat constructif ... sauf si elle reste aussi véhémente. Ce que je lui déconseille au regard de sa tension artérielle.

Mais pour être le plus juste et honnête intellectuellement, je vais donc faire cette analyse aussi pour le tract FN et le tract UMP.

Ce soir, analysons donc le document DLR, sur le fond (intéressant) et pas sur la forme (trop facile).

dimanche 11 mai 2014

EUROPE : Une tragédie en trois actes


 
Les élections des 75 députés européens ne vont guère mobiliser. L’abstention atteindra un record dont personne aujourd’hui ne peut estimer ni le volume (65, 70 voir 80%), ni la portée (la légitimité des députés européens est-elle réelle avec un tel taux d'abstention ?).

Le Mouvement Républicain et Citoyen se questionne depuis de nombreuses années sur la pertinence, pour lui, d’y participer.

En effet, le découpage en grandes régions éloigne le peuple de la décision et du choix politique. De plus, le coût d’une campagne est estimé à plus de 300 000 euros, certains n’hésitent pas à aller au-delà des 600 000 euros. Et enfin, au regard de l’organisation des institutions européennes, les députés n’ont qu’un pouvoir très restreint, la commission (des non élus) se réservant l’initiative législative et normative.

Le parlement européen n’est ni plus ni moins qu’une chambre d’enregistrement des dépenses, le Conseil Européen est l’ordonnateur des recettes et des politiques de change et la Commission est le législateur au nom de l’Intérêt Général (des traités).

Dans cette phrase, tout est dit. La tragédie en trois actes est résumée dans l’explication des rôles et des compétences. Le diagnostic est donc visible pour chaque citoyen. Ceux que nous élisons n'ont qu'un rôle consultatif pour ce qui est des lois. Or, dans toutes les démocraties, l'initiative législative appartient au peuple et donc aux représentants du peuple.

Dire que l'Europe est éloigné des Européens, ce n'est pas simplement une vision de l'esprit car comme indiqué plus haut, ce n'est pas l'intérêt général des peuples qui est pris en compte et gravé dans le marbre constitutionnel, mais bien l'intérêt général des traités.

Ces traités sont d'essence libérale et seul un renversement total de la majorité du parlement et du conseil pourrait remettre en cause la construction européenne actuelle. C'est à dire deux données quasiment impossibles à atteindre. Il faudrait que l'ensemble des Etats européens élisent des gouvernements de gauche, d'une part pour que le Conseil bascule et que la grande majorité des députés européens soit eux-même de gauche, d'autre part.

Or, même cela ne suffirait pas puisque pour infléchir durablement les politiques européennes actuelles, il faudrait que le président de la Commission Européenne soit lui-même issu de la gauche et dispose des capacités à revoir certains traités et principalement le TCE (Traité Constitutionnel Européen dit Traité de Lisbonne), en accord avec la Banque Centrale Européenne. Encore plus compliqué.

Ce à quoi les socialistes pourraient nous répondre par le fait que Martin SCHULZ pourrait remplacer BAROSO au poste de Président de la Commission Européenne. Soit, cela est vrai, mais comment peut-on l'envisager sérieusement. Pour cela il faudrait que la moitié des membres du parlement puisse être issue de la gauche S&D, d'une part, que le Président du Conseil accepte la ligne directrice de Monsieur SCHULZ (actuellement, ce n'est pas gagné) et qu'enfin, un accord puisse être trouvé pour définir qui fait quoi entre le Conseil et la Commission (voir l'intervention de Monsieur Van Rompuy).

En effet, entre les deux, il s'agit réellement d'une lutte existentielle car le traité de Lisbonne est tellement vague et tellement peu « constituant » que, même pour un fédéraliste, il ne sert pas à grand chose. La définition des rôles de Président du Conseil, Président de la Commission et Haut Commissaire Européen (on l'avait oublié) est imprécise. Pire, Messieurs SARKOSY et BARNIER ont empilé les fonctions et les attributions.

Ne pas oublier non plus que ce TCE fait aussi référence à l'évolution des revenus de chaque Président (commission et conseil). Afin d'obtenir la ratification, il est prévu des postes à 29 000 euros mensuels, soit 129% de ce que gagne un haut fonctionnaire européen.

Enfin, dernier argument (pour aujourd'hui), il ne faut pas oublier que Martin SCHULZ a été élu président du parlement européen avec le ralliement des euro-députés de droite ! Or, pour arriver à un tel consensus, il y a bien fallut que des garanties soient apportées aux libéraux.

Comme on le voit, il y a peu d'espoir d'un réel changement et les politiques libérales vont continuer à être la grande orientation à venir.

L’Europe, douce utopie d'un monde nouveau où le progrès social et économique a été sacrifié sur l'autel du libéralisme financier. Voilà pourquoi le MRC appelle à voter blanc lors de ce scrutin.

Et cela fait mal au républicain que je suis, mais si vous vous abstenez au lieu de voter blanc, ce n'est pas si grave que cela.

samedi 3 mai 2014


Hommage à Jacques WATTIEZ : Un ami et un mentor


Triste nouvelle que le décès de Jacques WATTIEZ. Enfin, Jacques, mon ami et mon mentor quand je suis arrivé à Saint-Quentin.

Que dire de plus que ce qui a déjà été dit.

Jacques était un homme de conviction. Fortement attaché aux idées de Gauche dans la pure tradition de Jean Jaurès, c'est naturellement qu'il a rejoint le MRC après son exclusion du Parti Socialiste. Exclusion suite à son refus de soutenir la non alliance avec le PC.

Jacques était et restera dans nos mémoires, un vrai homme de gauche. Son aventure avec Daniel Lemeur lors des municipales (époque où la ville était à gauche).

Humainement, Jacques était discret, intelligent et avait compris très vite que la scène politique à Saint-Quentin allait devenir de plus en plus difficile pour la Gauche et pour nous, le MRC de Saint-Quentin.

Je ne reviendrais pas sur le fait que plusieurs qu'il a aidé, ont quitté le navire pour répondre aux chants des sirènes, mais Jacques se montrait pragmatique mais à plusieurs reprises, cela semblait le faire souffrir, ou au moins, l'ennuyer. Pour un homme de conviction, ces blessures sont très, trop longue à cicatriser.

Jacques était un ami. Je lui dois beaucoup, politiquement et humainement. Je voudrais d’ailleurs partager deux trois petites choses comme ça, mais qui en disent long sur le bonhomme (bon homme) que c'était.

Il savait que mon grand-père était mort en juin 1940, à Rouen, en défendant la ville contre la percée des armées allemandes. Et c'est tout simplement qu'il m'a proposé de contacter son fils qui résidait sur la Seine Maritime, afin de faire quelque chose pour honorer la mémoire de mon grand-père.

Et c'est comme ça que je me suis retrouvé à Rouen avec Madame FOURNEYRON, le Préfet, les Sous-Préfets, les gradés de la Gendarmerie, Garde Mobile et Garde Républicaine...au Pont Corneille pour une magnifique cérémonie. Et lorsque j'allais lui dire merci, il me dit « non, c'est normal, si tu es content, ça me fait plaisir ». Tout en retenue et en humilité.

La seconde a concerné mon entrée dans une association. C'est lui qui m'a fait cherché en moi-même les raisons et les motivations qui m'ont ensuite amené à postuler et à répondre à l'invitation qui m'avait été faite. C'est à lui que je dois en grande partie mon parcours.

La troisième, c'est un cadeau qu'il m'a fait. Jacques connaissait mon appartenance au judaïsme (laïc, mais quand même). Et, l'une des dernière fois où je lui ai rendu visite, il m'a offert la kippa que son père s'était vu offrir par une famille juive rentrée en Autriche en 1945. C'est un objet chargé de symbole et c'est un héritage qu'il m'avait offert. Un objet inestimable.

Jacques était un ami, bien plus qu'un ami, un mentor, un protecteur à mon égard.

Jacques était aussi un intellectuel et quelqu'un de très cultivé. Très ouvert et très respectueux. Hélas, combien pourrait en dire autant aujourd'hui.

Je regrette seulement que nous n'ayons pas eu plus de temps pour échanger. Il avait su les différentes épreuves que j'avais du traverser et à chaque fois que nous nous rencontrions, il me posait des questions pour être sûr que tout allait bien.

Le Cercle Jean Jaurès a perdu son créateur. Souvenons-nous en quand, ensemble à gauche, nous ferons nos réunions.

J'avais prévu de lui proposer la présidence d'honneur du club « République Sociale », hélas, mon cher Jacques, je n'aurai pas eu le plaisir de te le proposer.

Le MRC et le Comité de Saint-Quentin, on perdu un militant loyal et honnête, un homme de conviction. Pour nous, nous avons perdu un ami. Et pour moi, j'ai aussi perdu un frère.

Enfin, une pensée à Céline et aux enfants. Ce moment là est toujours très dur, empreint de tristesse et de douleur. Notre hommage ne soulagera certainement pas leur peine, mais Jacques le méritait. Un homme bien et de bien que tout ceux qui l'ont connu, ne pourront oublier.

La cérémonie aura lieu, lundi, 15h30, au Crématorium d'Holnon.

dimanche 30 mars 2014

BILAN DES MUNICIPALES 2014 A SAINT-QUENTIN

MUNICIPALES 2014 : UN GOÛT DE BEREZINA

Autant le dire, les municipales 2014 ont été un échec cinglant. Pour le PS local, mais aussi pour les partenaires ayant participé à des divers degrés à la liste présentée. La victoire aurait été solidaire et collective. Il ne peut en être autrement de la défaite.

Que dire ?

Nous sommes mal : il suffit de regarder les nouvelles délégations et le quadrillage mis en place par la création des nouveaux comités locaux : associations, seniors, vie citoyenne, sécurité... Si nous ne réagissons pas TRÈS VITE et TRÈS FORT. Les forces de gauche ne joueront bientôt plus qu'un rôle de spectateurs éloignés du duel FN / UMP.

Que faire ?

Je propose, au nom du MRC les quelques pistes suivantes (il y en aura d'autres) :

1) Recréer une synergie entre chaque partenaire : IDG, PRG, EELV, PS, PC et MRC
Nous n'avons plus le luxe d'attendre sans broncher pour la bataille qui se prépare. La droite et l'extrême droite sont déjà toutes les deux en campagne pour 2020.

2) Créer l'outil de cette synergie :
Le MRC de Saint-Quentin créera un "club" de réflexion au Cercle Jean Jaurès (République Sociale - terme cher à Jaurès). Cet outil doit être l'équivalent de la Manufacture.

3) Respecter les composantes :
Que nous ayons des combats différenciés, oui (les Européennes), mais les Municipales doivent être un projet commun. Il est grand temps de mettre en piste les futurs candidats et têtes de listes respectives pour 2020.

4) Être force de proposition :
Se cantonner à une critique (même bien menée) sans proposer sera inutile. Nous devons être présent TOUS, dans nos diversités politiques. De nos accords à venir naîtra le programme.

5) Rassembler à Gauche :
Partir dispersés au premier tour est suicidaire. Le FN ne jouera pas son rôle d'alibi ou d'excuse encore très longtemps. L'abstention jouant contre nous, la reconquête doit se faire maintenant.

6) Revenir vers les citoyens :
C'est la priorité des priorités. Or, qui mieux que le MRC porte les idées d'une République sociale et solidaire, exemplaire et exigeante avec elle-même ? Cela déplaira certainement aux camarades des autres partis. Mais quels sont les thèmes qui sont prioritaires aujourd'hui : la sécurité et l'emploi.