Hommage à Jacques
WATTIEZ : Un ami et un mentor
Triste nouvelle que le décès de Jacques WATTIEZ. Enfin, Jacques, mon ami et mon mentor quand je suis arrivé à Saint-Quentin.
Que
dire de plus que ce qui a déjà été dit.
Jacques
était un homme de conviction. Fortement attaché aux idées de
Gauche dans la pure tradition de Jean Jaurès, c'est naturellement
qu'il a rejoint le MRC après son exclusion du Parti Socialiste.
Exclusion suite à son refus de soutenir la non alliance avec le PC.
Jacques
était et restera dans nos mémoires, un vrai homme de gauche. Son
aventure avec Daniel Lemeur lors des municipales (époque où la
ville était à gauche).
Humainement,
Jacques était discret, intelligent et avait compris très vite que
la scène politique à Saint-Quentin allait devenir de plus en plus
difficile pour la Gauche et pour nous, le MRC de Saint-Quentin.
Je
ne reviendrais pas sur le fait que plusieurs qu'il a aidé, ont
quitté le navire pour répondre aux chants des sirènes, mais
Jacques se montrait pragmatique mais à plusieurs reprises, cela
semblait le faire souffrir, ou au moins, l'ennuyer. Pour un homme de
conviction, ces blessures sont très, trop longue à cicatriser.
Jacques
était un ami. Je lui dois beaucoup, politiquement et humainement. Je
voudrais d’ailleurs partager deux trois petites choses comme ça,
mais qui en disent long sur le bonhomme (bon homme) que c'était.
Il
savait que mon grand-père était mort en juin 1940, à Rouen, en défendant la ville contre la percée des armées allemandes. Et
c'est tout simplement qu'il m'a proposé de contacter son fils qui
résidait sur la Seine Maritime, afin de faire quelque chose pour honorer
la mémoire de mon grand-père.
Et
c'est comme ça que je me suis retrouvé à Rouen avec Madame
FOURNEYRON, le Préfet, les Sous-Préfets, les gradés de la
Gendarmerie, Garde Mobile et Garde Républicaine...au Pont Corneille
pour une magnifique cérémonie. Et lorsque j'allais lui dire merci,
il me dit « non, c'est normal, si tu es content, ça me fait
plaisir ». Tout en retenue et en humilité.
La
seconde a concerné mon entrée dans une association. C'est lui qui
m'a fait cherché en moi-même les raisons et les motivations qui
m'ont ensuite amené à postuler et à répondre à l'invitation qui
m'avait été faite. C'est à lui que je dois en grande partie mon
parcours.
La
troisième, c'est un cadeau qu'il m'a fait. Jacques connaissait mon
appartenance au judaïsme (laïc, mais quand même). Et, l'une des
dernière fois où je lui ai rendu visite, il m'a offert la kippa que
son père s'était vu offrir par une famille juive rentrée en
Autriche en 1945. C'est un objet chargé de symbole et c'est un
héritage qu'il m'avait offert. Un objet inestimable.
Jacques
était un ami, bien plus qu'un ami, un mentor, un protecteur à mon
égard.
Jacques
était aussi un intellectuel et quelqu'un de très cultivé. Très
ouvert et très respectueux. Hélas, combien pourrait en dire autant
aujourd'hui.
Je
regrette seulement que nous n'ayons pas eu plus de temps pour
échanger. Il avait su les différentes épreuves que j'avais du
traverser et à chaque fois que nous nous rencontrions, il me posait
des questions pour être sûr que tout allait bien.
Le
Cercle Jean Jaurès a perdu son créateur. Souvenons-nous en quand,
ensemble à gauche, nous ferons nos réunions.
J'avais
prévu de lui proposer la présidence d'honneur du club « République
Sociale », hélas, mon cher Jacques, je n'aurai pas eu le
plaisir de te le proposer.
Le
MRC et le Comité de Saint-Quentin, on perdu un militant loyal et
honnête, un homme de conviction. Pour nous, nous avons perdu un ami.
Et pour moi, j'ai aussi perdu un frère.
Enfin,
une pensée à Céline et aux enfants. Ce moment là est toujours
très dur, empreint de tristesse et de douleur. Notre hommage ne
soulagera certainement pas leur peine, mais Jacques le méritait. Un
homme bien et de bien que tout ceux qui l'ont connu, ne pourront
oublier.
La
cérémonie aura lieu, lundi, 15h30, au Crématorium d'Holnon.
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