samedi 3 mai 2014


Hommage à Jacques WATTIEZ : Un ami et un mentor


Triste nouvelle que le décès de Jacques WATTIEZ. Enfin, Jacques, mon ami et mon mentor quand je suis arrivé à Saint-Quentin.

Que dire de plus que ce qui a déjà été dit.

Jacques était un homme de conviction. Fortement attaché aux idées de Gauche dans la pure tradition de Jean Jaurès, c'est naturellement qu'il a rejoint le MRC après son exclusion du Parti Socialiste. Exclusion suite à son refus de soutenir la non alliance avec le PC.

Jacques était et restera dans nos mémoires, un vrai homme de gauche. Son aventure avec Daniel Lemeur lors des municipales (époque où la ville était à gauche).

Humainement, Jacques était discret, intelligent et avait compris très vite que la scène politique à Saint-Quentin allait devenir de plus en plus difficile pour la Gauche et pour nous, le MRC de Saint-Quentin.

Je ne reviendrais pas sur le fait que plusieurs qu'il a aidé, ont quitté le navire pour répondre aux chants des sirènes, mais Jacques se montrait pragmatique mais à plusieurs reprises, cela semblait le faire souffrir, ou au moins, l'ennuyer. Pour un homme de conviction, ces blessures sont très, trop longue à cicatriser.

Jacques était un ami. Je lui dois beaucoup, politiquement et humainement. Je voudrais d’ailleurs partager deux trois petites choses comme ça, mais qui en disent long sur le bonhomme (bon homme) que c'était.

Il savait que mon grand-père était mort en juin 1940, à Rouen, en défendant la ville contre la percée des armées allemandes. Et c'est tout simplement qu'il m'a proposé de contacter son fils qui résidait sur la Seine Maritime, afin de faire quelque chose pour honorer la mémoire de mon grand-père.

Et c'est comme ça que je me suis retrouvé à Rouen avec Madame FOURNEYRON, le Préfet, les Sous-Préfets, les gradés de la Gendarmerie, Garde Mobile et Garde Républicaine...au Pont Corneille pour une magnifique cérémonie. Et lorsque j'allais lui dire merci, il me dit « non, c'est normal, si tu es content, ça me fait plaisir ». Tout en retenue et en humilité.

La seconde a concerné mon entrée dans une association. C'est lui qui m'a fait cherché en moi-même les raisons et les motivations qui m'ont ensuite amené à postuler et à répondre à l'invitation qui m'avait été faite. C'est à lui que je dois en grande partie mon parcours.

La troisième, c'est un cadeau qu'il m'a fait. Jacques connaissait mon appartenance au judaïsme (laïc, mais quand même). Et, l'une des dernière fois où je lui ai rendu visite, il m'a offert la kippa que son père s'était vu offrir par une famille juive rentrée en Autriche en 1945. C'est un objet chargé de symbole et c'est un héritage qu'il m'avait offert. Un objet inestimable.

Jacques était un ami, bien plus qu'un ami, un mentor, un protecteur à mon égard.

Jacques était aussi un intellectuel et quelqu'un de très cultivé. Très ouvert et très respectueux. Hélas, combien pourrait en dire autant aujourd'hui.

Je regrette seulement que nous n'ayons pas eu plus de temps pour échanger. Il avait su les différentes épreuves que j'avais du traverser et à chaque fois que nous nous rencontrions, il me posait des questions pour être sûr que tout allait bien.

Le Cercle Jean Jaurès a perdu son créateur. Souvenons-nous en quand, ensemble à gauche, nous ferons nos réunions.

J'avais prévu de lui proposer la présidence d'honneur du club « République Sociale », hélas, mon cher Jacques, je n'aurai pas eu le plaisir de te le proposer.

Le MRC et le Comité de Saint-Quentin, on perdu un militant loyal et honnête, un homme de conviction. Pour nous, nous avons perdu un ami. Et pour moi, j'ai aussi perdu un frère.

Enfin, une pensée à Céline et aux enfants. Ce moment là est toujours très dur, empreint de tristesse et de douleur. Notre hommage ne soulagera certainement pas leur peine, mais Jacques le méritait. Un homme bien et de bien que tout ceux qui l'ont connu, ne pourront oublier.

La cérémonie aura lieu, lundi, 15h30, au Crématorium d'Holnon.

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